Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 20:31

C’est sans compter sur la Dead line d’un manuscrit, en cours d’écriture et de corrections multiples (merci à mon amie, Dominique Devillard, toujours heureuse de recevoir du travail !), et sur l’imaginaire qui me joue de sacrés tours, du genre : « Tu pensais aller par là ? Eh bien, moi, l’histoire, je veux que tu écoutes par ici… Tu vois ? »

S’ensuivent des changements de plan, de directions, la mise en route de nouvelles recherches… C’est totalement épuisant et joyeux, comme lorsqu’on traverse, en crawl, un bassin de cinquante mètres, le corps agile dans le magma d’eau, enchaînant les allers-retours sans compter, conscient d’exploser les scores et les limites… poussé par « le » carburant naturel. Les mots sont partout, les sous-dialogues et les personnages se présentent sous des aspects différents, jaillissent, exposent leurs visages illuminés de joies ou tordus de peine, hirsutes… les mots s’accumulent… L’histoire demande la vie, et je compte bien ne pas trucider l’expérience pour rassurer l’éditeur, qui sourira sûrement en lisant cette ligne, sur la date de remise du manuscrit … Un éditeur, me direz-vous ?

Oui, un vrai ! Ça va me changer, et vous aussi, par la même occasion…

Mais laissons les nouvelles et les joies venir en leur temps. Comme les mots. L’histoire n’en sera que meilleure.

Tous les jours, je reçois au moins un message m’interrogeant sur la sortie de l’opus III, « Impulsions », terminaison (très) nerveuse de la « Trilogie des Pulsions ». Il peut venir de New York, d’Israël, du Canada, d’Italie, de Corse, d’Espagne et même d’Allemagne ou du Maroc, de la Tunisie et même de la Côte d’Ivoire… et bien sûr de la France. Pour vous répondre au plus juste, sachez que « Impulsions » sortira, vous pouvez en être certains. Maintenant, il m’est impossible de vous donner une date ni d’apporter de plus amples précisions, à ce sujet : elle est belle, la jambe, n’est-ce pas ? Que vous dire sur « Impulsions » ? Il est probable qu’il soit très épais. De toute façon, il est actuellement en pause. Sa réécriture risque de me proposer des angles de vue encore plus pertinents et, sachez-le, je les prendrai, ainsi que les recherches qui vont avec. Bien souvent, on me demande : « Pourquoi encore parler d’Hitler ? » Mais quelle question ! La haine de l’autre, voilà ce qu’est pour moi Hitler ! La bêtise crasse amenée  au pouvoir par la schizophrénie angulaire d’un peuple, basée et montée de toutes pièces sur la semence de la terreur de l’autre, de l’étranger, des religions…

C’est exactement ce qui se passe encore aujourd’hui un peu partout dans le monde ! Ça recommence, et je vous laisse chercher, sur Google (mon pote), les pays, les régions, les religions… qui colportent la haine… Toutes, à peu près !  Partout où il y a de l’humain, il y a de la haine. La haine, c’est gratuit. Nous la portons tous en nous, le plus simplement du monde ! La bonté demande du boulot, et sacrément, puisque la plupart du temps elle ne sert pas à grand-chose (apparemment). Comment ça, vous ne me croyez pas ? Mais que fait-on dans nos sociétés ? Assumons-nous d’élever dignement nos enfants ? De nous occuper de nos vieux avec respect, sans les dépouiller de leur sac parce qu’ils ont des béquilles ou respirent mal ? Que faisaient-ils d’eux, dans les camps ? C’est simple : directement au four, mais pas sans les avoir d’abord dépouillés de leurs biens !

Il faut être beau et belle ? Le régime nazi prônait la beauté comme un étendard de fierté, la cruauté sans limites comme étant la vraie puissance.

Dites-moi, que se passe-t-il dans votre entreprise ? Des guerres de pouvoir ? De la cravate et de la mini-jupe, de la jeunesse éternelle, et les coups bas qui sont tout aussi naturels ? Croyez-vous que les choses aient « vraiment » changé ?

Ce qui me plaît le plus dans « Impulsions », puisque que j’en parle, c’est d’essayer de trouver des solutions, de créer avec l’imagination, des « possibles », mettre des mots sur les faits… et les mots adéquats. Les bons mots, investis d’un VRAI sens (sans ambigüités) peuvent sauver. Et ça, ce n’est pas de la SF !

Il faut donc rayer la page noire, effacer, raturer, déchirer, réécrire… Respirer… Revenir et se dire que le bon mot n’a toujours pas été trouvé !

Bosser…

Le nouveau roman sortira en 2012 ( en dehors de la Trilogie des Pulsions) . Là encore, promis, je vous donnerai le titre, et vous montrerai la couverture, sur ce réseau ami qu’est facebook ! Mais pour le moment, je dois travailler… encore.

En septembre, je partirai en vacances pour me reposer, me ressourcer, et écrire aussi.  Donc d’ici, le 20 Septembre, ne croyez pas que j’ai disparu… En fait, je n’aurai jamais été aussi  actif !

Des bises.

 

 Jac Barron 

Par Jac Barron
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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 08:06


 

La critique est bien souvent volage, intolérante ou « open ». Il est évident qu’après les retours de lecture, il se passe des choses que je ressens comme du miel ou de l’acide, parfois aussi les deux en un. Ainsi je me dis : « Merde, ça n’a pas fonctionné » pour elle ou pour lui ; parfois je me dis qu’ici ou là il y a aussi  des « fans » c'est-à-dire des réactions gastronomiques, gourmandes. Évidemment à l’inverse, il y a l’anorexie intellectuelle représentée par ceux et celles qui ne se prononcent jamais, gardant pour eux leurs avis, secrètement, compulsivement. Si un jour vous écrivez, autant vous y faire tout de suite… ces phénomènes sont inévitables ! Si vous pensez qu’écrire, ce n’est que plaire, être beau et riche, continuez de remplir votre formulaire pour une formation en vingt cours, intitulée « comment avoir une vie parfaite, être le meilleur et aimé de tous » qui vous donnera ce sourire con qu’on ne souhaite pas plus voir sur son propre reflet qu’à son pire ennemi !

Ce qui me plait dans le phénomène de la rédaction (le mot « écriture » est vaste et comporte plusieurs couches d’activités), ce sont ces questions obsédantes : Que se passe-t-il derrière la porte de cette scène ? Que va-t-elle déclencher ? Quelles seront les conséquences ?  Bien souvent, mes idées de base sont juste là comme des indices originels, une sorte de loupiote qui merdera à chaque fois que j’en aurai besoin. L’alchimie de l’imaginaire est si perturbant qu’en fin de rédaction les idées premières explosent, se désintègrent, mais se réinvestissent dans de nouveaux questionnements et d’incroyables recherches sur des sujets auxquels je n’avais vraiment pas pensé au départ... C’est sans fin !

Ce personnage devait être méchant, il se révèle être un héros. Cette femme moche devient « jolie » par ses actes (une anti-équation : il vaut mieux être belle et re-belle que moche et re-moche) et ce gamin gentil n’a rien à envier à un aréopage de démons… Mais comme je vous le dis, ce ne sont que desindices, parce que la rédaction change sacrément la donne.

Toujours.

L’imaginaire me rappelle souvent que mes « plans » sont ridicules. Il broie toute tentative de manichéisme judéo-chrétien. Il y a une arrogance quasi-vitale, une sorte d’agressivité bienveillante… et, en arrière-plan, se dessine toujours une toile gigantesque, un plan qui ressurgit de l’inconscient, via les mots. Cette toile, c’est ce qui va retenir le lecteur… ce que j’appelle « la justice de la soie ». 

Écrire, c’est former des combats totalement déments, joyeux ou insipides… Peu importe, ce sont des combats muets, agissant avec fracas, d’abord chez l’écrivain, et ensuite chez le lecteur, avec plus ou moins de succès, il faut le dire : personne ne contrôle personne.

Dans la « Trilogie des Pulsions », je suis parti sur une idée de base « thriller pur jus ». J’ai écrit « Les Cicatrices ». Arrivé sur le roman « Plasma », je  me retrouve avec une touche explosive de surnaturel, passant du thriller au thriller-fantastique. L’exercice est hyper dangereux. Il s’agit d’aller d’un univers à un autre. Certains lecteurs diront que « c’est nul à chier », « insupportable ». D’autres que c’est « étonnant », « génial » ou « sidérant »… Parce que le changement, le passage d’un univers à un autre est très souvent énervant. Pour moi, ce fut totalement fascinant, une expérience de grand 8.

N’oublions pas les libraires. Jamais !

Ranger « Les Cicatrices » au rayon « thriller » et  « Plasma » au rayon  « fantastique », c’est obliger tout le monde à faire des grands écarts... Mais pour finir d’irriter tout le monde, j’ajouterai gentiment qu’à l’arrivée  d’« Impulsions », ils pourront placer des tréteaux entre les deux rayons… avec vue sur l’axe d’un autre : le rayon « terreur ». Voilà, je l’ai dit. Tout le monde est prévenu. Il ne manque plus que la date de sortie d’« Impulsions » dont je vous informerai, dès que je la connaîtrai.

Il semblerait que le fantastique n’ait pas bonne presse. Pourquoi ?

Ma réponse est à la fois drôle et pathétique : à cause des récits des livres « saints » à la base de la plupart des religions.

Ce sont quand même les premiers récits de SF qui finissent souvent très mal et qui ont influencé des générations et des cultures ! Tout est échafaudé sur le pouvoir surhumain parmi l’humain !

Ainsi, celui qui croit de tout son cœur que Moïse a fendu les eaux le plus naturellement du monde, celui qui croit que Jésus marchait sur l’eau, celui qui croit que Mahomet a été sauvé par une colombe et une araignée (avant l’apparition de l’ange Gabriel qui lui susurre, les deux mains sur son cou, les fondements du Coran)… ainsi, ces gens-là voient les récits de science-fiction d’aujourd’hui comme des insultes à leurs croyances profondes, des satires insultantes envers leurs convictions vitales.

Le fantastique n’est même pas considéré comme de la  « vraie » littérature. Cependant, on peut trouver, au rayon « littérature » et au rayon « histoire », toute la série des apparitions de la Vierge Marie dans la grotte de Lourdes, un pied sur une rose et l’autre sur un serpent… ou l’histoire d’un pape qui, de son trône, loin de la vie et des gens, nous exhorte à une existence amidonnée, une morale fromagère écœurante, tellement réchauffée qu’elle est filandreuse et sent l’urine chaude à tous les coups…

Les livres religieux bannissent l’imaginaire et la sexualité, de la même manière que notre société hyper matérialiste refuse la maladie, la dépression, l’échec, les différences (sexuelles, culturelles…), la vieillesse...

C’est là, à mon sens, que l’écriture intervient : elle rééquilibre les carences créées de toutes pièces par l’homme lui-même !

J’ai lu dans une critique que je n’étais pas Dantec ! J’ai ri comme un dingue derrière mon écran. Ben non, pardi, jamais de la vie, je ne serai Dantec, (un catho fanatico-aigri ?) Mais c’est quand même gentil d’y avoir pensé… Ce que je veux dire, c’est que, même dans la critique du lecteur,  il y a un trans-genre, des références additionnées entre elles, un patchworck culturel…Un lecteur a beaucoup de mal à  prendre le travail d’un écrivain pour ce qu’il est : un travail, un seul. Et c’est précisément ce qui est génial, qui prouve que le lecteur fait lui aussi ses grands écarts. Le lecteur, pour appuyer son avis extrêmement méchant ou gentil simplement, use et abuse de ses références personnelles, et c’est là qu’il donne des indices sur lui-même, qu’à son tour il dévoile, avec ses mots, sa participation, son échange… Vous l’avez compris, le lecteur tisse aussi sa toile avec grand plaisir (même pour dire parfois des saloperies, finalement).

Peu importe qu’il ait aimé ou pas, ce qui compte, c’est qu’il réagisse ! Qu’il mette en vie sa joie ou sa déception, voire son ignorance.

Aujourd’hui, je travaille à la rédaction d’un nouveau roman (qui n’a rien à voir  avec la « Trilogie des Pulsions »). J’adore la thématique ouverte, les phénomènes sociétaux qu’il m’oblige à introniser, la complexité des personnages et de leurs « manies », l’horreur et la saleté humaines… tous ces sujets génèrent un intérêt vif, joyeux, pur… quelque chose que je nommerai ainsi : « le plaisir de participer ».

Qu’on vous aime ou pas ne doit vraiment pas être une source de problèmes !

N’oubliez pas que si quelqu’un vous met sur la touche, il ne fait que vous placer sur les lignes du fondement-même du jeu.

Pour prendre un exemple, sans le tracé des touches, un terrain de foot n’existe tout simplement pas !

Il en est de même pour la marge de votre page.

Ou de votre vie !

Joyeux et chanceux vilains petits canards que nous sommes !

 

Au plaisir ! 

Par Jac Barron
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