C’est sans compter sur la Dead line d’un manuscrit, en cours d’écriture et de corrections multiples (merci à mon amie, Dominique Devillard, toujours heureuse de recevoir du travail !), et sur l’imaginaire qui me joue de sacrés tours, du genre : « Tu pensais aller par là ? Eh bien, moi, l’histoire, je veux que tu écoutes par ici… Tu vois ? »
S’ensuivent des changements de plan, de directions, la mise en route de nouvelles recherches… C’est totalement épuisant et joyeux, comme lorsqu’on traverse, en crawl, un bassin de cinquante mètres, le corps agile dans le magma d’eau, enchaînant les allers-retours sans compter, conscient d’exploser les scores et les limites… poussé par « le » carburant naturel. Les mots sont partout, les sous-dialogues et les personnages se présentent sous des aspects différents, jaillissent, exposent leurs visages illuminés de joies ou tordus de peine, hirsutes… les mots s’accumulent… L’histoire demande la vie, et je compte bien ne pas trucider l’expérience pour rassurer l’éditeur, qui sourira sûrement en lisant cette ligne, sur la date de remise du manuscrit … Un éditeur, me direz-vous ?
Oui, un vrai ! Ça va me changer, et vous aussi, par la même occasion…
Mais laissons les nouvelles et les joies venir en leur temps. Comme les mots. L’histoire n’en sera que meilleure.
Tous les jours, je reçois au moins un message m’interrogeant sur la sortie de l’opus III, « Impulsions », terminaison (très) nerveuse de la « Trilogie des Pulsions ». Il peut venir de New York, d’Israël, du Canada, d’Italie, de Corse, d’Espagne et même d’Allemagne ou du Maroc, de la Tunisie et même de la Côte d’Ivoire… et bien sûr de la France. Pour vous répondre au plus juste, sachez que « Impulsions » sortira, vous pouvez en être certains. Maintenant, il m’est impossible de vous donner une date ni d’apporter de plus amples précisions, à ce sujet : elle est belle, la jambe, n’est-ce pas ? Que vous dire sur « Impulsions » ? Il est probable qu’il soit très épais. De toute façon, il est actuellement en pause. Sa réécriture risque de me proposer des angles de vue encore plus pertinents et, sachez-le, je les prendrai, ainsi que les recherches qui vont avec. Bien souvent, on me demande : « Pourquoi encore parler d’Hitler ? » Mais quelle question ! La haine de l’autre, voilà ce qu’est pour moi Hitler ! La bêtise crasse amenée au pouvoir par la schizophrénie angulaire d’un peuple, basée et montée de toutes pièces sur la semence de la terreur de l’autre, de l’étranger, des religions…
C’est exactement ce qui se passe encore aujourd’hui un peu partout dans le monde ! Ça recommence, et je vous laisse chercher, sur Google (mon pote), les pays, les régions, les religions… qui colportent la haine… Toutes, à peu près ! Partout où il y a de l’humain, il y a de la haine. La haine, c’est gratuit. Nous la portons tous en nous, le plus simplement du monde ! La bonté demande du boulot, et sacrément, puisque la plupart du temps elle ne sert pas à grand-chose (apparemment). Comment ça, vous ne me croyez pas ? Mais que fait-on dans nos sociétés ? Assumons-nous d’élever dignement nos enfants ? De nous occuper de nos vieux avec respect, sans les dépouiller de leur sac parce qu’ils ont des béquilles ou respirent mal ? Que faisaient-ils d’eux, dans les camps ? C’est simple : directement au four, mais pas sans les avoir d’abord dépouillés de leurs biens !
Il faut être beau et belle ? Le régime nazi prônait la beauté comme un étendard de fierté, la cruauté sans limites comme étant la vraie puissance.
Dites-moi, que se passe-t-il dans votre entreprise ? Des guerres de pouvoir ? De la cravate et de la mini-jupe, de la jeunesse éternelle, et les coups bas qui sont tout aussi naturels ? Croyez-vous que les choses aient « vraiment » changé ?
Ce qui me plaît le plus dans « Impulsions », puisque que j’en parle, c’est d’essayer de trouver des solutions, de créer avec l’imagination, des « possibles », mettre des mots sur les faits… et les mots adéquats. Les bons mots, investis d’un VRAI sens (sans ambigüités) peuvent sauver. Et ça, ce n’est pas de la SF !
Il faut donc rayer la page noire, effacer, raturer, déchirer, réécrire… Respirer… Revenir et se dire que le bon mot n’a toujours pas été trouvé !
Bosser…
Le nouveau roman sortira en 2012 ( en dehors de la Trilogie des Pulsions) . Là encore, promis, je vous donnerai le titre, et vous montrerai la couverture, sur ce réseau ami qu’est facebook ! Mais pour le moment, je dois travailler… encore.
En septembre, je partirai en vacances pour me reposer, me ressourcer, et écrire aussi. Donc d’ici, le 20 Septembre, ne croyez pas que j’ai disparu… En fait, je n’aurai jamais été aussi actif !
Des bises.
Jac Barron